Histoire du hockey au Saguenay Lac St-Jean

Les joueurs, les équipes et les faits marquants du hockey au Saguenay Lac St-Jean de 1896 a aujourd'hui.

mardi, septembre 06, 2005

Paul Ménard.......45 minutes de gloire!



L'ex gardien de but joue au hockey pour s'amuser

De vieux masques protecteurs, des photos d'équipes, des souvenirs en quantité industrielle et l'impression très forte que le hockey lui a tout donné. A seulement 43 ans, Paul Ménard a vecu a la fois l'époque des "p'its Castors", les premiers jours de l'Association mondiale de hockey (AMH) et l'arrivée des premiers masques protecteurs pour les gardiens de but.

Peribonka (RGT)- Paul Ménard figure au troisième rang dans le très vénérable quatuor des frères Ménard, de Chambord. Avec Jean "qui aurait pu faire carrière s'il avait voulu", souligne-t-il, Paul est le plus sportif.Comme ses frères, il joue au hockey dès son plus jeune âge en faisant face a la cage. Ce n'est qu'a quatorze ans qu'il se résigne enfin a endosser l'équipement de gardien de but. Un choix qu'il ne regrette en rien même après toutes ces années."C'est simple, lance-t-il en guise d'explication, j'avais pas le coup de patin qu'il fallait, alors je me suis concentré sur le filet. A l'avant, j'aurais rapidement plafonné, lance-t-il sous l'oeil approbateur de son épouse et fidèle admiratrice, Hélène Lamontagne.

Comme gardien, ca m'a permis de monter."Le premier filet dont il a eu la charge est celui des Aiglons de Chambord, de la Ligue de hockeyde Lac-Saint-Jean Ouest. Ca se passait en 1967. Auparavant, il avait joué a l'attaque, sous les bons conseils des frères maristes. Gardien de but un peu "par défaut", Ménard n'en avait pas moins du talent pour arrêter les rondelles, a tel point qu'on l'invite, des l'année suivante, au camp de sélection des Castors, les représentants de Dolbeau au sein du circuit régional."On était soixante au camp. Huit gardiens de but. Mais j'ai finalement joué pour les Castors pendant trois saisons, de 1969 a 1972. Sauf l'automne 71 que j'ai passé a Verdun."


Paul Ménard avec les Maple Leafs de Verdun.

Ménard se souvient très bien de son passage chez les Leaf de Verdun. Il y arrivait pour remplacer Richard Brodeur, alors parti pour Cornwall. Il se retrouvait également aux côtés de Robert Sauvé ,alors âgé d'a peine seize ans, aujourd'hui agent d'affaires de Patrick Roy. Mais il devait toutefois reprendre la route pour Dolbeau avant la periode des Fêtes et compléter une derniere saison avec les Castors.

Comme dans un film

Invité au camp de selection des Cougars de Chicago, de la toute jeune Association mondiale de hockey, il se rend a Hibbing, au Minnesota, en août 1972. Mais les Cougars sont la proprieté des joueurs et plusieurs en profitent pour "placer leur monde", relate Ménard."Les actionnaires de l'équipe étaient pour la plupart des joueurs. Soit qu'ils jouaient eux-mçemes ou encore qu'ils fassent jouer des hockeyeurs qui leur étaient familiers. C'est un peu pour cette raison que je me suis retrouvé chez les Eagles, une formation de la defunte ligue Eastern a Woonsocquet, au Rhode Island."Pour Paul Ménard, le film "Slap Shot", qui constitue une caricature du hockey pour la plupart des gens, est une image presque fidèle de la réalite au sein de cette ligue, a cette époque."

L'entraineur des Eagles, Larry Kish, avait joué dans la ligue pendant huit ans sans jamais effectuer un lancer au filet. Pour lui, un baton de hockey servait a bien d'autres choses qu'a manier la rondelle. Slap Shot, je peux dire que c'était vrai a 90 pour cent", se souvient l'ancien hockeyeur qui a finalement passé deux saisons a Woonsocquet.Au cours de la premiere année, il devait toutefois être appelé en sept ou huit occasions a montrer son savoir-faire avec les Cougars dirigés alors par John Brophy, qui fut également un entraineur de Michel Goulet. Ralenti par une plessure, il ne devait garder les buts pour les Cougars que l'année suivante, notamment pour Jacques Demers, alors directeur des joueurs au sein de la formation. C'est d'ailleurs avec beaucoup de fierté qu'il montre le contrat au bas duquel son nom apparait aux cotes de celui de Demers. Mais sentant que sa carrière était mal engagée, Paul Ménard decidait finalement de revenir en sol jeannois, a l'aube de la saison 74-75. Pendant le camp d'entrainement, on lui avait effectivement annoncé qu'il était échangé aux Toros de Toronto."Je n'y suis jamais allé, car je sentais que c'était parti pour aller nulle part. Au lieu d'aller la-bas, j'ai donc repris la direction de Dolbeau ou j'ai pu jouer au hockey davantage pour m'amuser."

Le Progres-Dimanche, 31 Decembre 1995


En complément de l'article ci-haut voici quelques faits marquants dans la carrière de Paul Ménard:

  • Paul Ménard est né le 22 Mai 1952 a Chambord . Il mesure 5'11" et pèse 168lbs durant sa carrière.
  • Il débute sa carrière junior a 17 ans avec les Castors de Dolbeau de la Ligue Junior B Saguenay Lac St-Jean . Il est le gardien des Castors pour 38 des 40 parties de la saison régulière conservant une moyenne de buts alloués de 4.40...la troisième meilleure du circuit. En série éliminatoire Dolbeau s'incline en 5 parties (4-1) contre Port-Alfred lors de la première ronde et Ménard est d'office pour tous les matchs montrant une moyenne de 5.56 buts par partie.
  • La saison 1970-71 de Paul Ménard est sa meilleure dans le circuit junior régionale. La ligue augmente le calendrier régulier a 50 parties et Paul dispute 46 de celles-ci conservant la meilleure moyenne de buts accordés soit 3.63 avec deux jeux blancs ce qui lui vaut le trophé Vézina du meilleur gardien de la ligue et une sélection sur la première équipe d'étoiles du circuit. Il conduit ensuite les Castors au championnat des séries avec son son excellent travail . En 12 parties il conserve l'excellente moyenne de 2.85 buts accordés par partie ( dont un jeu blanc) et se mérite le Trophé Avco-Finance comme le meilleur joueur des séries éliminatoires du printemps 1971.

  • Au début de la saison 1971-72 Paul Ménard se joint aux Leafs de Verdun de la ligue Junior Majeur du Québec . Il ne joue que dans 9 parties avec ceux-ci conservant une moyenne de 5.76 buts par parties et un pourcentage d'arrêts de 0.856 avant de revenir terminer sa carrière junior a Dolbeau. Avec les Castors il dispute 18 parties conservant une moyenne de 3.39 buts accordés par partie (avec un jeu blanc) ce qui lui vaut un deuxième trophé Vézina et une autre sélection sur la première équipe d'étoiles. Malheureusement il met un terme a sa carrière junior par une défaite crève coeur lors de la 7ième et décisive partie de la finale des séries éliminatoires a Jonquière. Il obtient malgré tout le seul jeu blanc de ces séries tout en conservant une excellente moyenne de 3.92 buts par match en 13 parties au total.
  • La saison 1972-73 marque les débuts professionnels de Paul. Il dispute 38 parties conservant une moyenne de 4.34 buts alloués par partie ,incluant un jeu blanc , avec les Eagles du Rhode-Island de la Eastern Hockey League (Woonsocquet). Il n'est pas utilisé lors des séries.
  • Cette saison 72-73 voit Paul Ménard obtenir son moment de gloire lorsqu'il est utilisé dans un match des Cougars de Chicago de la toute nouvelle Associasion Mondiale de Hockey. Au cours de cette partie il accordera 5 buts en 45 minutes de jeu avant de céder sa place .
  • La saison suivante (73-74) il joue avec les Cougars de Long Island de la North American Hockey League . Il n'est utilisé que dans 10 parties ( moyenne de 5.00) en saison régulière et dans 5 parties ( moyenne de 5.86) en séries éliminatoires. Après cela comme il le raconte lui-même se sera la fin de sa carrière dans le hockey professionnel.